
Comment
expliquer les contaminations des eaux de pluie par les produits
phytosanitaires ?
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Cycle de contaminations des eaux de pluie par les produits
phytosanitaires

Plusieurs
phénomènes interviennent dans la contamination des eaux
de pluie :
NB :
Les numéros renvoient à des parties du dessin ci-dessus.
1) Les traitements
phytosanitaires en zones agricoles et non agricoles
constituent un "réservoir" de substances actives dans
le milieu. Les émissions vers latmosphère résultent
de plusieurs causes.
2) Lors de la pulvérisation, une
partie de la substance active est entraînée par dérive,
sous leffet du vent et de la chaleur. Elle peut se redéposer
à proximité (risque pour les fossés ou ruisseaux voisins) ou
rester en suspension dans latmosphère. La dérive peut être
limitée par une grande vigilance au sujet des conditions météorologiques
lors du traitement, et par lemploi dun matériel bien
réglé (attention aux fortes pressions et au type de buses).
3) La substance active déposée
sur le feuillage et sur le sol peut se volatiliser pendant les
jours qui suivent lapport. Selon les propriétés de la molécule,
létat du sol et les conditions climatiques, la volatilisation
peut se poursuivre pendant plusieurs semaines ou mois.
4) Dans une moindre mesure, le
vent peut arracher des particules de sol par érosion, et
mettre ainsi en suspension des substances actives fixées sur des
poussières.
5) Une contamination des
basses couches de latmosphère, par des vapeurs,
mais aussi par des gouttelettes et par des particules solides, résulte
de ces différents phénomènes. Si latmosphère est le siège
de mouvements ascendants, la contamination peut sétendre
en altitude.
6) Il peut en résulter une contamination
des nuages.
7) Les substances actives peuvent
être transportées à léchelle locale (quelques
hectomètres ou kilomètres) par le vent et les turbulences
atmosphériques.
8) Il existe aussi des phénomènes
de transport à grande distance (centaines de kilomètres).
9) Les particules en suspension
dans lair peuvent se déposer sous forme sèche, en
fonction de leur masse.
10) Il existe aussi plusieurs
formes de dépôts humides, associés aux précipitations.
11) Les pluies provenant de
nuages contaminés sont chargées de substances
phytosanitaires.
12) La pluie lessive les basses
couches de latmosphère et se charge de substances
actives avant datteindre le sol.
Les molécules phytosanitaires,
mais aussi leurs produits de dégradation, peuvent être présents
dans les précipitations.
| Suivi des molécules
phytosanitaires dans les eaux de pluie en région Centre |
Létude est conduite par le
SRPV et la FREDEC, en collaboration avec trois lycées agricoles.
Prélèvement et analyse déchantillons
A la fin de lannée 1997,
trois capteurs cubiques en inox, dont la partie supérieure forme
un grand entonnoir, ont été installés en zone agricole,
respectivement dans les départements du Loir-et-Cher, de lEure-et-Loir
et du Loiret. Leau de pluie est recueillie à environ un mètre
au-dessus du sol, conservée au réfrigérateur, puis analysée.
Résultats généraux de la première
campagne 1997-98
En 97-98, la plupart des échantillons
ont été recueillis lors de pluies survenant après une période
de traitement.
- Sur 32 échantillons analysés
de novembre 1997 à novembre 1998 :
-
4 ne présentaient aucune détection
des substances phytosanitaires recherchées,
-
5 présentaient des détections
inférieures à 0.1µg/L par molécule,
-
4 des détections proches de 0.1µg/L
par substance,
-
et 19 échantillons (60%) présentaient
au moins une détection supérieure ou égale à 0.1µg/L ;
les concentrations de certaines molécules dépassaient
même 1µg/L dans 7 de ces 19 échantillons.
Dans lUnion européenne, leau
de consommation ne doit pas comporter plus de 0.1µg/L de chaque
substance phytosanitaire (Directives 80/798 CEE de juillet 1980
et 98/83 CE de novembre 1998). Cette directive ne sapplique
pas aux eaux de pluie, mais indique que dans de nombreux cas leau
de pluie ne pourrait pas être considérée comme potable.
Au total 57 substances
actives et 2 métabolites ont été recherchés au moins
une fois, et 21 molécules (37%) ont été détectées
au moins dans un échantillon deau de pluie.
Ces 21 molécules sont représentées sur le graphique
suivant, par ordre décroissant du nombre de détections.
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phytosanitaires

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